Prix Fondation Gan au Festival du Film d'Animation d'Annecy 2026
Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche... et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.
sorti le 14/10/2026
Après avoir conquis les festivaliers de la Croisette, de laquelle il est reparti avec le Prix spécial du jury Un Certain Regard, puis ceux d’Annecy, où il a décroché le Prix de la fondation Gan à la diffusion, le Prix du public et celui du jury, le film de Louis Clichy attise la curiosité. Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut, découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.
Très juste dans son regard, le réalisateur développe un discours nuancé sur la vie de campagne, sa famille étant à la fois un frein et un moteur pour Christophe. En dépit de son émancipation par la musique, l’art n’est jamais montré comme un métier plus noble et est au contraire directement mis en parallèle avec l’agriculture, coexistant dans le même monde, notamment par les plans des camions qui passent devant les portes de l’église ou ceux depuis les champs où l’on distingue l’orgue à travers les bruits des moteurs. Par un sound design judicieux, chaque chute ou torsion de cou de Christophe fait sursauter le spectateur qui craint pour le corps de ce petit bonhomme fragile auquel on s’attache instantanément.
Des traits doux mais épais à la palette de couleurs pastel avec des dominantes bleues contre ocre, l’animation 2D est maîtrisée avec brio, tant par sa fluidité que par son esthétisme. Véritables aquarelles en mouvement, les plans sont esthétiques sans pour autant être démonstratifs. Seule exception notable, la mise en scène des émotions fortes de Christophe retranscrit parfaitement l’explosion de sa colère, de son amour et de sa fierté avec un rendu visuel grisant initié par l’instrument enfermant et salvateur qu’est le corset.
Gwendal Ollivier