sorti le 04/02/2026
Seconde adaptation cinématographique de la bande dessinée d’André Franquin, ce nouveau film de Philippe Lacheau ne fait pas suite à la première adaptation de Chabbat mais assure tout de même une continuité par le personnage de Jamel Debouze. Pour sauver son emploi, David accepte de ramener un mystérieux colis d'Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex-petite amie Tess, son fils Léo et son collègue Stéphane, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un bébé d’une espèce singulière apparaît et le voyage vire au chaos.
Nouvel univers mais dynamique identique, la bande à Fifi revient au complet, chacun dans le rôle de son archétype : Philippe Lacheau en héros courageux mais maladroit et malchanceux, Élodie Fontan dans le rôle de la petite amie grande gueule, Julien Arruti dans celui du copain benêt et Tarek Boudali dans un rôle aléatoire prétexte à gags humiliants. Si vous aimez la recette, pas de dépaysement, l’humour motive l’intégralité du récit entre quiproquos, jeux de mots, gags visuels, humour régressif et blagues en-dessous de la ceinture.
À l’instar d’une grande partie des comédies françaises populaires où chaque zone de l’écran doit être éclairée comme dans une publicité, l’étalonnage et le travail sur la lumière piquent les yeux ; en particulier lorsque l’action se déroule sur fond vert comme à Étretat ou que la balance des blancs ratée appose un voile bleu sur les plans larges de la forêt de Palombie. Toutefois, comme toujours chez Lacheau, sa mise en scène est maîtrisée et dévouée entièrement à l’humour. Son amour pour le cinéma américain se ressent dans les nombreuses références parfois maladroites à des productions Amblin notamment, mais aussi dans sa façon de filmer les échanges, les scènes d’action et les gags visuels qui sont souvent les plus réussis.
Dans la continuité de ces références, le choix d’utiliser une animatronique pour incarner l’animal au poil jaune apporte une vraie plus-value au film, lui donnant une apparence entre Gizmo et Grogu, adorable mais surtout palpable. Plus discutable, le choix de nouer un partenariat avec une agence de ferries va à l’encontre du message écologiste de la BD de Franquin. Se moquant des braconniers, des douaniers incompétents et corrompus, et montrant les expériences sur animaux comme l’œuvre d’un grand méchant, difficile de savoir si Lacheau a conscience des messages politiques qu’il transmet par son humour potache aux nouvelles générations qui grandiront avec ce Marsupilami.
Gwendal Ollivier