sorti le 21/01/2026
Adaptation du roman éponyme de Giuliano da Empoli, le nouveau film d’Olivier Assayas explore la mécanique du pouvoir russe à travers le regard méconnu d’un artiste devenu conseiller en communication politique. Dans le tumulte d’une Russie des années 1990 en pleine reconstruction, Vadim Baranov (Paul Dano), jeune homme à l’intelligence redoutable, trace sa voie pour se hisser au plus près du pouvoir.
Passé le non-sens trop fréquent en fiction d’acteurs qui parlent en anglais au lieu de parler la langue du personnage qu’ils incarnent, le casting s’en sort bien. Loin de la subtilité du travail de Sebastian Stan en Donald Trump dans The Apprentice, Jude Law fait une interprétation plus proche de l’imitation de la figure glaçante qu’est Vladimir Poutine. Face à lui, Paul Dano livre une performance plus nuancée, sa morale et son comportement mesurés étant contrebalancés par son histoire d’amour maudite avec Ksenia (Alicia Vikander), servant de maigre point d’ancrage émotionnel pour ce protagoniste en partie à l’origine de l’image renvoyée par la Russie, aux Russes mais aussi au reste du monde.
Bordé par le récit que Vadim adresse au journaliste interprété par Jeffrey Wright, le film avance au gré des dialogues et de la voix-off, rappelant sans cesse la nature littéraire de cette histoire très documentée. Entre la photographie pâle à la netteté souvent imprécise et le montage qui juxtapose des séquences sans transition en multipliant les fondus au noir et les apparitions incongrues de titres, cette adaptation cinématographique n’apporte pas de plus-value au livre. Dérogeant à une règle d’or de narration « show, don’t tell », Olivier Assayas néglige non seulement le sens de sa mise en scène et de son image mais aussi le rythme du récit effrayant de ce mage du Kremlin.
Gwendal Ollivier