sorti le 14/01/2026
Alors que Danny Boyle faisait renaître sa saga de zombie du début des années 2000 avec un film expérimental dans sa forme pour un résultat aussi surprenant qu’immersif, l’enchaînement des tournages l’a obligé à déléguer la réalisation de cette suite à Nia DaCosta, réalisatrice de The Marvels et du récent remake de Candyman. En dehors de la scène d’introduction particulièrement illisible avec sa succession de travellings latéraux en caméra portée, la réalisation est, sans surprise, basique. Loin des folies visuelles de Boyle, DaCosta se contente d’une réalisation correcte qui suffit souvent à mettre en images l’histoire mais qui ne rend pas justice à certaines scènes comme le climax pourtant scotchant par le jeu de Ralph Fiennes et génial dans l’idée d’écriture.
Scénariste de tous les films de cet univers, Alex Garland assure à nouveau une continuité thématique au récit. Si la majorité des décors semblent familiers, l’histoire se focalise au contraire sur les personnages secondaires introduits dans le dernier acte du premier film. Loin de l’île où se trouve le père de Spike, le jeune héros devient ainsi secondaire à l’intrigue au profit de Jimmy Crystal et du Dr Kelson. Les deux personnages incarnent deux formes d’extrémisme moral, aussi opposés dans leurs croyances que dans leur rapport à l’ancien monde. Là où l’un s’appuie sur les maigres souvenirs positifs de son enfance pour construire un narratif sataniste qui lui permet de justifier toute sa soif de sang, l’autre utilise son savoir et son expérience de docteur pour survivre, étudier rationnellement le virus et bâtir la mémoire des morts.
Si la réalisatrice parvient à capturer la violence crue et sadique de Jimmy et sa bande, les scènes qui entourent ce groupe de Télétubbies sectaires souffrent néanmoins de l’effacement de Spike. Au cœur du film précédent, son regard ne sert qu’à exacerber la brutalité de Jimmy sans travailler la crainte du spectateur de le voir survivre au sein du groupe. Le principal intérêt narratif se trouve plutôt du côté du Dr Kelson et de la relation intrigante qu’il développe avec Samson. Jouant sur plusieurs émotions primaires, cette relation induit d’abord la peur, puis le rire lors de situations incongrues pour s’achever par une émotion d’empathie rare pour ce type de personnage.
Loin du rock expérimental de la musique de Young Fathers sur le précédent film, Hildur Guðnadóttir livre une bande originale plus planante, travaillant des textures sonores immersives, dans la continuité de son style (Joker, Chernobyl) qui se marie parfaitement à cet univers. Tourné dans la foulée du film précédent, ce deuxième opus se présente comme l’autre face d’une même pièce, explorant d’autres arcs de personnages et s’enfonçant davantage dans la noirceur de cet univers. De retour derrière la caméra pour le dernier volet, on espère que Danny Boyle saura réinjecter une créativité singulière pour conclure avec force cette trilogie 28 Ans Plus Tard.
Gwendal Ollivier
