Civil War

pagi 12


Civil War
Réalisateur :
Alex Garland
Pays d'origine :
US
Titre original :
Civil War
Durée :
1h49
Année :
2024
Date de sortie nationale :
17/04/2024
Genre :
AC,DR,SF
Casting :
Kirsten Dunst, Wagner Moura, Nick Offerman…
Synopsis :
Interdit -12 ans avec avertissement

Une course effrénée à travers une Amérique fracturée qui, dans un futur proche, est plus que jamais sur le fil du rasoir…
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Rennes
Lun 20 mai
17:30 et 22:00
vost 2d
Mar 21 mai
17:30
vost 2d
Vern-sur-Seiche
Mar 21 mai
13:40 et 18:10
vf 2d
Vitré
Lun 20 mai
20:30
vf 2d
Mar 21 mai
18:15
vf 2d

sorti le 17/04/2024

Dans un futur proche, une équipe de journalistes se lance dans une traversée des États-Unis, ravagés par un conflit entre certains états et le gouvernement, pour recueillir la dernière interview d’un président qui risque à tout moment de tomber. Adoptant la forme d’un road-movie, le métrage enchaîne décors en ruine, zones de guerre, camps de réfugiés, villages dans le déni et évidemment capitale assiégée. Dès la deuxième séquence, l’intensité de l’action s’installe à travers le chaos de la manifestation, subitement interrompue par une explosion avant de laisser place à un étrange calme glaçant. Entre l’immersion dans la scène, la violence de l’impact, le regard photographique posé sur l’action et le travail remarquable du son, Alex Garland pose d’entrée de jeu sa lettre d’intention de mise en scène.

Réunissant la première héroïne de Sofia Coppola (Kirsten Dunst de Virgin Suicides) et sa dernière en date (Cailee Spaeny de Priscilla), le casting fonctionne à merveille. De plus en plus rare, Kirsten Dunst prouve une fois de plus son talent dans la peau de cette photographe de guerre tendue par les évènements qui frappent cette fois son propre pays. Tête d’affiche de Narcos, Wager Moura campe un personnage en quête d’adrénaline et plus fougueux que sa collègue. La figure du mentor est assurée par l’énigmatique Stephen McKinley Henderson mais manque toutefois de développement pour véritablement briller. En effet, c’est surtout la jeune Cailee Spaeny qui crève l’écran, de ses premières prises de conscience de la réalité du métier de photographe de guerre au climax où son regard devient véritablement habité par l’action.

[SPOILERS]
Avec un ratio 1,85:1, les protagonistes occupent souvent une place centrale dans le cadre dont les bords sont noyés dans le flou et parsemés d'aberrations chromatiques bleues et rouges pour exprimer la panique de la vétérante. Alors qu’ils croisent la route d’un milicien nationaliste superbement interprété par Jesse Plemons, le réalisateur fait monter une tension puissante qu’il relâche par l’image traumatique de la journaliste novice, physiquement confrontée à la mort. Road-movie oblige, les situations s’enchaînent, la tension grimpe puis se relâche. Ainsi le réalisateur achève son métrage par une séquence dantesque à Washington, devenu un véritable champ de bataille. Introduit par des plans aux drones, l’action se resserre autour du capitole avec une caméra proche des corps des photographes, comme un témoin de ses témoins.
[Fin des SPOILERS]

Par son regard de metteur en scène, Alex Garland questionne celui des journalistes de terrain, témoins d’une vérité impossible à restituer objectivement. Obsédés par la quête du cliché parfait, les photographes poursuivent l’action au plus près mais l’enferme dans un cadre, restreintes par les limites de l’art photographique et font donc comme le réalisateur, de la mise en scène. Si Alex Garland demeure assez flou sur le contexte politique de son histoire, sa conclusion révèle son regard pessimiste sur l’humain et en particulier sur les États-Unis, pas si loin d’une telle guerre civile.

Gwendal Ollivier