Coupez !


Coupez !
Réalisateur :
Michel Hazanavicius
Pays d'origine :
FR
Titre original :
Coupez !
Durée :
1h51
Année :
2022
Date de sortie nationale :
17/05/2022
Genre :
CO
Casting :
Matilda Lutz, Bérénice Bejo, Romain Duris, Finnegan Oldfield, Luàna Bajrami…
Synopsis :
Film d'ouverture du Festival de Cannes 2022

Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l'énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d'horreur à petit budget. L'irruption d'authentiques morts-vivants va perturber le tournage…
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Argentré du Plessis
Lun 27 juin
20:30
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Cancale
Dim 26 juin
21:00
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Mar 28 juin
21:00
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Montfort-sur-Meu
Dim 26 juin
20:30
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Plélan le Grand
Dim 10 juillet
17:30
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Rennes
Du sam 25 juin
au mar 28 juin
16:00 et 20:30
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Rennes
Du dim 26 juin
au mar 28 juin
21:45
vf 2d

sorti le 17/05/2022

Adeptes de l'œuvre du réalisateur, protégez-vous de toutes révélations concernant ce film et foncez le voir les yeux fermés. Car si vous n’avez pas vu le film japonais Ne coupez pas ! ce remake de Michel Hazanavicius saura vous dérouter et vous prendre par surprise. Pour vous dresser une rapide esquisse de l’histoire : sur un tournage de film de morts-vivants, le réalisateur (Romain Duris) invoque de véritables zombies pour apporter plus de réalisme et faire jouer ses acteurs avec authenticité. Cela vous semble un peu facile, pas d'inquiétude, Hazanavicius en a pleinement conscience seulement pour aller plus loin, soyez prévenus je vais devoir spoiler…

Divisé en 3 temps, le long métrage s'ouvre par le plan séquence d'une demi-heure brut, tel qu'il est diffusé en direct sur la plateforme japonaise Z. Du jeu des acteurs (tantôt extravagant, tantôt absent) à l'esthétique 16mm Technicolor (reproduisant exagérément cette imagerie des premiers films de morts-vivants), sans oublier les erreurs techniques, les moments de vide dans l'image comme dans les dialogues et les ruptures du quatrième mur, le spectateur balance durant toute cette première demi-heure entre le rire et l'incompréhension.

S'ouvre alors un second temps, retournant en arrière pour se consacrer à la pré-production de ce moyen métrage à la qualité douteuse que nous venons de regarder. Adieu l'esthétique clichée du genre, et aux acteurs en roue libre, place à la composition élégante du réalisateur et à son humour réflectif sur le cinéma, contrasté par un efficace humour pipi-caca et saupoudré d’une petite dose d’humour noir à la OSS 117 quant aux différents clichés sur le Japon, soulignés par la maladresse du personnage principal. Dirigé avec maitrise, les acteurs « abaissent » sérieusement leur niveau de jeu dans l’ouverture pour livrer des performances justes et emplies de détails qui nous feront réévaluer chacune de leur faute de jeu dans le dernier axe du film, consacré à l’envers du tournage.

S’attaquant aussi aux acteurs divas (y compris sur des films amateurs), la réactivité de l’équipe face à tous les problèmes inévitables d’un tournage montre toute l’inventivité et l’énergie qui motive une équipe peu professionnelle. À la musique, Jean-Pascal Zadi joue des ambiances improvisées en direct ou nous sert des réactions mémorables face aux scènes qui s’écartent du script. Écrite dans la réalité par Alexandre Desplat, compositeur français désormais connu à l’international, cette bande originale synthétique « cheap » mais efficace renvoie le compositeur au début de carrière, lorsqu’il est encore impossible de diriger un orchestre et qu’il faut se contenter des sons d’un clavier.

Au-delà de son discours méta (Hazavicius réalisant, à l’image de son protagoniste, un remake d’un film japonais), la critique évidente de l’aliénation de l’œuvre originale passe à travers des éléments aussi bêtes que le refus de la productrice de changer les prénoms des personnages. Si Hollywood a pris la fâcheuse habitude de refaire le moindre film d’horreur japonais à succès, par intérêt commercial plus qu’envie artistique, l’équipe dépeinte par Hazanavicius se dévoue corps et âme à la réussite du projet. Celui-ci restera pourtant simplement un projet dans la tête de ceux qui l’ont commandé, un film comme un autre, « dans la moyenne », dont les spectateurs ne percevront jamais les galères de l’envers, tout ce qui se passe après ce simple cri de victoire : Coupez !

Gwendal Ollivier