Matrix Resurrections


Matrix Resurrections
Réalisateur :
Lana Wachowski
Pays d'origine :
US
Titre original :
The Matrix Resurrections
Durée :
2h28
Année :
2021
Date de sortie nationale :
22/12/2021
Genre :
AC,SF
Casting :
Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Jada Pinkett Smith…
Synopsis :
Ce 4ème opus de la saga nous replonge dans deux réalités parallèles, celle de notre quotidien et celle du monde qui s’y dissimule. Pour savoir avec certitude si sa réalité propre est une construction physique ou mentale, et pour véritablement se connaître lui-même, M. Anderson devra de nouveau suivre le lapin blanc. Et si Thomas... Neo... a bien appris quelque chose, c’est qu’une telle décision, quoique illusoire, est la seule manière de s’extraire de la Matrice, ou d’y entrer... Bien entendu, Neo sait déjà ce qui lui reste à faire. Ce qu’il ignore en revanche, c’est que la Matrice est plus puissante, plus sécurisée et plus redoutable que jamais.
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La Mézière
Du sam 29 janvier
au dim 30 janvier
22:00
vf 2d
Plélan le Grand
Sam 29 janvier
17:00
vost 2d
Rennes
Du mer 26 janvier
au mar 1 février
21:10
vost 2d

sorti le 22/12/2021

Reprenant la thématique filée dans Cloud Atlas, véritable fresque aux époques et genres cinématographiques opposés s’appuyant sur une base dramaturgique similaire, ce nouveau Matrix s’ouvre par un remake de l’intro de la saga, puis glisse des rémanences de plans d’une trilogie qui hante la mémoire de son narrateur, et va jusqu’à projeter le premier volet en fond alors qu’une scène identique se déroule avec des personnages et un contexte légèrement différents. Perdant ainsi son spectateur pendant une première heure ouvertement méta, la réalisatrice nous plonge dans la tête de Thomas Anderson, alias Neo, que Keanu Reeves interprète avec une absence très maîtrisée. Les changements d’acteurs de Morpheus (justifié comme le code créé par Neo dans la Matrice où la trilogie de jeux existe) et de l’agent Smith (campé par un Jonathan Groff se vantant d’être esthétiquement plus abouti) sont de bons exemples de cette réécriture infinie de la même histoire à laquelle il faut toujours changer suffisamment d’éléments pour ne pas aboutir à de pâles copies. L’originalité n’existe pas mais la différence demeure essentielle dans une époque où les plus grosses licences aiment se la jouer avec délectation.

Alors que les romances aussi pures et immuables que celle remise au goût du jour, semblent avoir perdu l’intérêt du public, la réalisatrice réaffirme ce thème central de la trilogie. Souvent décrié par certains comme trop présent dans les deux suites alors qu’il représentait pourtant l’élément décisif du film original, l’amour entre Neo et Trinity est tout autant au cœur de ce récit que de cette nouvelle matrice. Pensé par l’Analyste (Neil Patrick Harris), cette coprésence des amoureux qu’il prend soin de ne jamais laisser s’unir est précisément ce qui alimente de façon bien plus rentable le monde des machines. Construisant son film comme un miroir (élément d’entrée dans cette nouvelle matrice), les rôles s’inversent entre Neo et Trinity, toujours lié par leur amour mais dont le rôle d’élu se déplace car les évènements n’ont pas construit les personnages de la même manière dans ce monde.

Bien loin des tons tranchés verdâtres de la matrice originale, cette nouvelle version se passe aussi des agents en costume pour se servir directement de la population qui obéit aveuglément et apprécie la servitude volontaire dans laquelle l’Analyste les a codé, n’hésitant pas à se jeter dans le vide comme une meute de bombes humaines. Modèle du jeune chef dynamique et manipulateur, son utilisation décuplée du Bullet Time contre Neo, héros auquel il est originellement associé, dénonce la réutilisation à outrance d’effets de mise en scène qui se dénaturent à chaque repompage. Acerbe sur notre société, Lana Wachowski conserve toutefois la conclusion de ses premières heures, emplie d’un positivisme inébranlable, amenant ces résurrections vers une plus belle matrice.

Gwendal Ollivier